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Languedoc-Roussillon :
Neorphys s’installe à Nîmes

Biotechnologies & finances - n°272 - 16/01/2006

Constituée autour de Roger Lahana, CEO, et de Karine Larbouret, VP, deux anciens de Synt:em, la toute jeune start-up biotech Neorphys a pris ses quartiers à Nîmes, au sein du parc médical Carémeau, dans 150 m2 de bureaux et de laboratoires. Spécialisée dans la découverte, la mise au point puis le développement de molécules du bienêtre, cette biotech, créée en septembre 2005, espère bien s’installer dans une niche pour le moment laissée vacante en France. Des molécules non pas pour soigner, mais pour vivre mieux. Les deux axes de développement du business plan de Neorphys concernent les antidouleurs et le traitement des dysfonctions du désir féminin. Des domaines variés, facteurs de succès selon Roger Lahana : « Les biotech qui se créent sur une seule idée prennent d’après moi un risque énorme. Nous avons donc fait le choix de partir dans deux directions dès le départ : celle de la douleur que nous connaissons bien, et le terrain encore méconnu du désir féminin. » Un marché en friche, mais potentiellement énorme d’après les estimations du CEO de Neorphys, qui pourrait représenter jusqu’à 20 milliards de dollars. Un secteur d’avenir aujourd’hui encore trop balbutiant pour séduire à lui seul les investisseurs… contrairement à la position de Neorphys sur les antidouleurs. En effet, de son passé de chercheur chez Synt:em, Roger Lahana a gardé une expertise dans ce domaine précis : il faisait partie de l’équipe ayant déposé un brevet sur la découverte d’une molécule antidouleur efficace, sans les effets secondaires associés habituellement aux opioïdes et notamment les nausées, principal facteur limitant leur prise. Un brevet que Neorphys compte racheter à CLL Pharma, la société qui vient d’intégrer Synt:em et qui désire revendre le portefeuille de PI de l’ancien fleuron des biotech françaises. Des négociations sont en cours.

Une première levée de fonds au printemps

Neorphys, pour le moment alimentée par des fonds propres à hauteur de 100 000 euros, cherche des financements pour son développement de l’année à venir. Là encore, deux scénarios sont envisageables, suivant l’obtention ou non du brevet. « Aujourd’hui, nous avons détecté deux investisseurs intéressés par nos idées et nous visons, pour être à l’aise, un financement entre 700 000 et 1 M€ si nous n’obtenons pas le brevet. Nous estimons qu’avec 800 000 euros, nous aurons de la PI au bout d’un an », explique Roger Lahana. Mais dans l’éventualité de l’obtention du brevet, la levée de fonds visée cette année serait plus ambitieuse et concernerait plusieurs millions d’euros, afin de pouvoir couvrir les frais importants de développement réglementaire pour entrer directement en stade préclinique. Là aussi, le CEO de Neorphys avoue avoir sollicité plusieurs investisseurs intéressés par ce scénario.

Quoi qu’il arrive, la biotech mise sur une première levée de fonds avant le printemps 2006. La société a déjà bénéficié d’une aide de l’Oséo Anvar à hauteur de 210 000 €, dont 100 000 doivent lui être versés dans les jours à venir et le reste après son premier tour de table. Une subvention qui va permettre à Roger Lahana de recruter deux personnes de plus au 1er février 2006, une chimiste et une chargée d’affaires administratives, toutes deux anciennes collaboratrices de son équipe chez Synt:em. L’année 2006 promet donc d’être chargée pour Neorphys, qui vise le recrutement du reste de l’équipe de R&D telle qu’elle était constituée chez Synt:em, et ce, avant l’été. Mais aussi, avant la fin de l’année, le dépôt d’un ou deux brevets pour entamer la phase préclinique le plus rapidement possible. Roger Lahana pense déjà à deux partenariats, qui devraient se confirmer prochainement, après résolution de la principale inconnue pour Neorphys : sera-telle uniquement une biotech de recherche et découverte de molécules ou pourra-t-elle se lancer tout de suite dans le développement ? Réponse attendue dans les semaines à venir.

Le réseau de Neorphys
Conseil juridique : Cabinet Fidal, filiale de KPMG, Daniel Chaboud – Nîmes
Droit social : Fidal, Gilles Clémendot – Nîmes
Commissaire aux comptes: KPMG – Montpellier
Conseil financier : Cabinet Vitrat, JC Vitrat – Nîmes
Communication : BtoB Design, Phil Passani – Montpellier
Partenaires institutionnels : CEEI de Nîmes, Oséo Anvar Languedoc-Roussillon

Biotechnoloogies & financesMarie-Hélène Towhill

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