Press coverage
Neorphys, première entreprise
biopharmaceutique française qui
découvre et développe
des médicaments du bien-être
Info veille biotech - speciale "partenaires" N°73 du 9 novembre 2005
Diagonales info veille biotech N°73
Neorphys™ est la première entreprise biopharmaceutique française qui découvre et développe des
médicaments du bien-être, c'est-à-dire des molécules qui n'ont pas pour but premier de soigner une
pathologie mais de contribuer à la qualité de vie ou à l'accompagnement de choix de vie.
Neorphys focalise ses efforts sur deux applications : le traitement de la douleur
aiguë sans effet secondaire pénalisant et les dysfonctions du désir féminin.
Les médicaments du style de vie
Les médicaments du style de vie (" lifestyle drugs ") sont des molécules qui contribuent au bien-être, à la qualité de vie ou à l'accompagnement de choix de vie.
Ils regroupent les domaines d'application suivants avec, à titre indicatif, le nombre de personnes concernées dans les régions industrialisées :
- Les dysfonctions sexuelles (30 millions d'hommes, 200 millions de femmes)
- La douleur (100 millions de personnes pour la douleur aiguë, 300 millions pour la douleur chronique)
- La dépression (75 millions de femmes, 45 millions d'hommes)
- La contraception orale (100 millions de femmes)
- L'obésité (300 millions de personnes)
- Le sevrage tabagique (650 millions de personnes)
- L'alopécie (toute la population)
- Le vieillissement de la peau (toute la population)
Le marché cumulé de toutes ces applications dépasse actuellement 35 milliards de dollars par an et pourrait atteindre 55 milliards de dollars si l'on considère que les dysfonctions sexuelles féminines représenteront à elles seules 20 milliards de dollars selon les estimations les plus récentes.
Neorphys ne s'intéresse qu'aux applications pour lesquelles la preuve de concept chez l'animal est à la fois pertinente et rapide.
D'autre part, les domaines pour lesquels le marché est déjà saturé (dépression, contraception orale) sont exclus pour des raisons évidentes. C'est pourquoi Neorphys a retenu comme priorités les seuls domaines de la douleur aiguë et du désir féminin.
Les mécanismes de la douleur et du désir sont inter-dépendants
Les hormones sexuelles sont directement impliquées dans les mécanismes de la douleur, tout particulièrement chez la femme en fonction de son cycle. De nombreux messagers du désir sont dépendants du récepteur Mu aux opiacés. Inversement, des souris déficientes en récepteur Mu ont des comportements marqués de troubles du désir et de l'attachement. Les opioïdes endogènes sont également connus pour être associés à la satiété sexuelle, une inhibition de l'excitabilité qui peut être contrebalancée par la naloxone ou la naltrexone.
Dans certains cas, le même composé peut être utilisé pour contrôler à la fois la douleur et le plaisir. Une illustration en est l'oxytocine, une hormone naturelle qui est, entre autres, utilisée chez l'homme comme analgésique par voie orale et chez le rongeur comme excitant sexuel féminin par voie i.v., sans présenter d'effet secondaire sérieux à notre meilleure connaissance.
Traitement de la douleur aiguë
Le marché de la douleur aiguë devrait atteindre 10 milliards de dollars en 2006. Ce marché est généralement perçu comme étant sous-exploité, en partie parce que très peu de médicaments sont à même de présenter un profil pharmacologique adapté à un tel besoin. A l'heure actuelle, les opioïdes sont toujours les médicaments de choix pour la douleur aiguë, à commencer par la morphine elle-même qui est utilisée dans 70% des cas malgré ses nombreux inconvénients tels que la nausée, la dépression respiratoire et la constipation sévère. Les opioïdes représentent environ un tiers de toutes les ventes sur le marché de la douleur. Le besoin non résolu du traitement de la douleur aiguë n'est pas d'obtenir un médicament plus actif que la morphine mais présentant moins d'effets indésirables à dose équipotente, le plus pénalisant étant la nausée. Les chercheurs de Neorphys ont découverts les Neorphines™, des molécules qui permettent d'atteindre ce but, ce qui représente un avantage concurrentiel primordial. L'opportunité d'acquérir les droits de certains opioïdes est également considérée, ce qui permettrait un gain de temps significatif en termes de développement préclinique et clinique.
Dysfonction du désir féminin
D'après de nombreuses études convergentes, presque une femme sur deux souffre de dysfonction sexuelle féminine, un terme très large qui recouvre différents aspects, parmi lesquels les troubles du désir qui affectent 35% des femmes dans les régions industrialisées. Leurs symptômes ont un impact sur la vie de couple, l'estime de soi et le plaisir. Les tabous qui prévalaient autour de ces questions ont été renversés après le succès du Viagra™ et de ses concurrents Cialis™ et Levitra™, donnant lieu à une exigence croissante pour des produits à même de résoudre de telles questions, d'autant que l'augmentation de l'espérance de vie s'accompagne d'une recherche de qualité de vie maximale. Il s'agit actuellement d'un besoin pour lequel aucun médicament n'existe.
L'énorme succès de médicaments comme le Viagra démontre l'attrait pour les produits relatifs à la sexualité. Ces médicaments ont été initialement mis sur le marché pour traiter un problème physiologique réel, ce qui n'empêche pas qu'ils sont également achetés par des hommes qui ne souffrent d'aucune dysfonction sexuelle - si ce n'est la crainte de ne pas être "à la hauteur" ou de décevoir leur partenaire. De ce point de vue, les produits tels que le Viagra peuvent être qualifiés d'hédonistes autant que de thérapeutiques. Cela étant, Neorphys n'envisage pas de s'intéresser à la dysfonction érectile (DE), ce marché étant déjà largement occupé, mais de rester focalisé sur les dysfonctions du désir féminin.
Neorphys basera son effort de découverte sur deux séries chimiques identifiées - les dérivés de l'oxytocine et les agonistes de la mélanocortine. Un certain nombre d'entreprises biotechnologiques ou pharmaceutiques - dont les plus grandes - ont une activité significative dans ce domaine. La molécule la plus avancée à ce jour est développée par une biotech américaine, elle est en cours de phase 2 sur des femmes pré-ménopausées souffrant de dysfonctions du désir.
Neorphys s'appuiera sur les travaux précurseurs et les chimiothèques mises au point par le Laboratoire de Pharmacochimie de la
Communication Cellulaire du CNRS, dirigé par le professeur Marcel Hibert (Illkirch, France), qui a une expérience considérable de ce
type de composés en termes de design rationnel, de chimie médicinale et de pharmacologie. Neorphys aura également accès à la
plate-forme de criblage à haut débit de l'Institut Fédératif de Recherche Biomolécules et Innovations Thérapeutiques, en collaboration
avec le professeur Jacques Haïech (Illkirch, France) pour tout ce qui concerne le criblage de chimiothèques sur les récepteurs clonés
pertinents.
Le LPCC est le seul laboratoire en France à posséder une expérience sur les applications de ces familles de molécules aux
mécanismes du désir, et ne collabore avec aucune autre entreprise pharmaceutique que Neorphys sur ce sujet.
Merci à Sophie Tourdot qui a accepté de prêter ces deux jolies photos en forme de coeur. Il s'agit de coupes de poumons de souris qu'elle a eu l'occasion d'étudier et qui se sont révélées poétiques... Heureux hasard également, elles sont à l'image et aux couleurs de Neorphys.
Modèle économique
Neorphys prévoit de développer en parallèle des analgésiques d'une part et des produits favorisant le désir féminin d'autre part. Ils seront répartis sur quatre familles indépendantes de récepteurs identifiés, ceci afin de conserver un profil de risque équilibré et d'augmenter les chances de succès dans les projets de découverte.
Le modèle économique de Neorphys est de découvrir, optimiser et développer jusqu'en phase 2b des candidats médicaments innovants et disponibles par voir orale. Les plus prometteurs de ces produits seront ensuite licenciés à des entreprises pharmaceutiques ou biopharmaceutiques.
A titre indicatif, Cialis a été découvert par Icos, une entreprise de biotechnologie américaine, puis licencié à Eli Lilly en échange d'un montant de 80 millions de dollars à la signature, suivi de milestones et de royalties.
Equipe et collaborations
Neorphys a été fondée en septembre 2005 par deux anciens chercheurs de Synt:em, Roger Lahana (précédemment vice-président Découverte de Synt:em) et Karine Larbouret (ingénieur en chimie médicinale). Ils sont respectivement le PDG et la directrice des opérations de l'entreprise.
Neorphys estime que la chimie médicinale couplée au design rationnel est la plus validée et la plus efficace des techniques de découverte de nouveaux candidats médicaments présentant un profil pharmacologique adéquat.
Dans les mois qui suivront sa création, Neorphys prévoit de recruter 6 scientifiques expérimentés, tous titulaires d'un doctorat ou équivalent, en l'occurrence 4 chimistes médicinaux et 2 biologistes habilités à manipuler des animaux. Les chercheurs concernés ont pour point commun une forte expertise dans les domaines des opioïdes et de la douleur aiguë. Ils proviennent en effet principalement du Département Découverte de Synt:em et peuvent se prévaloir de réussites démontrées en design rationnel et en optimisation, ainsi que dans les techniques de découverte basées sur la chimie médicinale, la biologie cellulaire, la toxicologie et la maîtrise des essais animaux comportementaux pertinents. L'équipe sera complétée par une personne responsable de la propriété intellectuelle, un posteclé dans la stratégie de Neorphys.
Neorphys a mis en place dès le début une politique active de collaborations et de partenariats afin d'élargir ses capacités de recherche interne.
Les institutions académiques suivantes ont accepté de collaborer avec Neorphys:
- Dysfonction du désir
- Laboratoire de Pharmacochimie de la Communication Cellulaire (Pr Marcel Hibert, Illkirch, France)
- Institut Fédératif de Recherches Biomolécules et Innovation Thérapeutique (Pr Jacques Haïech, Illkirch, France)
- Institut Clinique de la Souris (Dr Abdel Ouagazzal, Illkirch, France)
- Pharmacologie de la douleur
- Institut de Génétique, Biologie Moléculaire et Cellulaire (Pr Brigitte Kieffer, Illkirch, France)
- Sloan-Kettering Institute (Dr Gavril Pasternak, New York City, USA)
- Institut de Génétique, Biologie Moléculaire et Cellulaire (Pr Brigitte Kieffer, Illkirch, France)
- Design rationnel :
- CERMAV-CNRS (Dr Serge Pérez, Dr Anne Imberty, Grenoble, France)
- Bioinformatique
- Institut de Biologie et Chimie des Protéines (Dr Christophe Geourjon, Lyon, France
Stratégie de protection intellectuelle
Neorphys sécurisera ses produits par une politique de protection intellectuelle active. Plusieurs types de brevets sont envisagés. Les
molécules actives seront brevetées en tant que telles et dans leurs domaines d'application aussitôt qu'elles auront été validées sur des
modèles animaux pertinents. Un composé donné sera décrit dans autant de brevets séparés que d'activités biologiques démontrées.
Parallèlement, Neorphys protègera ses marques et logos afin de s'assurer une identité forte.
Plan de développement de l'entreprise
Trois étapes de développement sont prévues
Etape 1
Neorphys obtiendra une preuve de concept chez l'animal dans au moins deux séries chimiques, probablement un candidat médicament dans le domaine du désir et un dans celui de la douleur. Le financement de cette étape est constitué des fonds propres apportés par les deux fondateurs et de diverses aides et subventions.
Etape 2
Une augmentation de capital sera nécessaire pour financer le développement de l'un des deux candidats médicaments jusqu'en fin de phase 1. Le deuxième de ces deux candidats médicaments sera prêt à entrer en préclinique réglementaire à la fin de cette seconde étape.
Etape 3
Un tour de financement supplémentaire servira à élargir le pipeline et à amener deux produits jusqu'en fin de phase 2b et un jusqu'en phase 1.
Chaque phase 2b réussie permettra de licencier le produit correspondant à un partenaire pharmaceutique.
Les fonds et les revenus seront utilisés pour soutenir le développement de candidats médicaments provenant des diverses séries et l'amélioration permanente d'analogues renforçant le pipeline de produits de remplacement ou de seconde génération.
A la fin de l'étape 3, Neorphys devrait avoir poussé en phase 2 au moins deux candidats médicaments - un dans la douleur, un dans les troubles du désir féminin - et commencé à générer un chiffre d'affaires significatif en licenciant les produits validés en phase 2.
En prenant tous ces éléments en considération, Neorphys pense atteindre son point neutre dès que son second candidat médicament sera licencié, et demeurer ensuite profitable.
Remerciements
Neorphys souhaite remercier les organismes ou personnes suivantes pour leur contribution et leur soutien lors du processus de création de l'entreprise : le CEEI de Nîmes, la délégation régionale Languedoc Roussillon d'Oseo, la direction de Synt:em, Transfert L.R., George Smith, Sarah Maussel, Denis Lucquin, Phil Passani, Bruno Montanari, Cricrou, Ludwig Kubacki, Philippe Vieille, Serge Pérez, Frédérique Lentiez.


